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Empathie : utopie ? - Extraits

Mardi 1 janvier 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

 

-        Extrait Empathie 001 : 4e de couverture

-        Extrait Empathie 002 : table des matières (du livre)

-        Extrait Empathie 003 : répandre l'empathie

-        Extrait Empathie 004 : comparaisons importunes

-        Extrait Empathie 005 : à propos de doutes

-        Extrait Empathie 006 : juger, se comparer, nier... où en êtes-vous ?

-        Extrait Empathie 007 : conseils malsains

-        Extrait Empathie 008 : questions adroites ou maladroites

-        Extrait Empathie 009 : importance de la réponse

-        Extrait Empathie 010 : conseiller, questionner, répondre... où en êtes-vous ?

-        Extrait Empathie 011 : liens réducteurs de cause à effet

-        Extrait Empathie 012 : esprit de compétition

-        Extrait Empathie 013 : esprit d'équipe versus esprit de clan

-        Extrait Empathie 014 : de l'anthropocentrisme à l'écologisme

-        Extrait Empathie 015 : un langage propre à tous les êtres vivants

-        Extrait Empathie 016 : ne pas pouvoir manipuler des outils n'exclut pas d'être intelligent

-        Extrait empathie 017 : une intelligence universelle

-        Extrait empathie 018 : un quotient intellectuel pour tous les êtres vivants

-        Extrait empathie 019 : nous, les animaux et la nature...

-        Extrait empathie 020 : la compassion

-        Extrait empathie 021 : la manipulation

-        Extrait empathie 022 : vous face aux confidences...

-        Extrait empathie 023 : interroger régulièrement ses croyances

-        Extrait empathie 024 : perception partielle de la réalité

-        Extrait empathie 025 : nos sens nous trompent

-        Extrait empathie 026 : votre représentation du monde

-        Extrait empathie 027 : l'harmonie psychosomatique

-        Extrait empathie 028 : quand la douleur morale crée le symptôme physique

-        Extrait empathie 029 : quand le physiologique cause la souffrance

-        Extrait empathie 030 : confusion entre génétique et hérédité

-        Extrait empathie 031 : quand le physiologique cause le bien-être

-        Extrait empathie 032 : quand la souffrance d'origine physique est renforcée par un stress émotionnel

-        Extrait empathie 033 : quand la force de l'esprit accélère la guérison

-        Extrait empathie 034 : la systémique

-        Extrait empathie 035 : les repères restreints

-        Extrait empathie 036 : vers l'ouverture d'esprit

-        Extrait empathie 037 : de la projection à la connaissance de soi

-        Extrait empathie 038 : du transfert à la reconnaissance des différences

-        Extrait empathie 039 : les jugements, freins majeurs à l'empathie

-        Extrait empathie 040 : exemples d’interprétations issues d’observations négatives

-        Extrait empathie 041 : exemples d’interprétations issues d’observations positives

-        Extrait empathie 042 : de l'interprétation à l'observation neutre

-        Extrait empathie 043 : vous face à la psychosomatique

-        Extrait empathie 044 : l'assertivité, affirmation de soi

-        Extrait empathie 045 : franchise ou agressivité ?

-        Extrait empathie 046 : quand et comment l'empathie est possible

-        Extrait empathie 047 : projections et transferts

-        Extrait empathie 048 : prismes et ouverture d'esprit

-        Extrait empathie 049 : le clan, la compétition ou l'équipe

-        Extrait empathie 050 : la nature et l'homme au service l'un de l'autre

-        Extrait empathie 051 : affectivité, manipulation ou empathie ?

-        Extrait empathie 052 : freins et pièges à l'empathie... utopie ?

-        Extrait empathie 053 : bibliographie

Image © Pierre-Emmanuel Paulis

 

Empathie: utopie?

Editions Publibook, 2006

 

Je remercie tout particulièrement Florence pour sa précieuse contribution.

Diane Dechièvre

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

      


Empathie : un mot de plus en plus souvent utilisé, un noumène dont le sens est perçu de différentes manières et très rarement employé à bon escient. Empathie : utopie ? explique ce qu'est réellement l'empathie et motive le lecteur à la développer.

 

Les freins et pièges de l'empathie résident dans les faiblesses émotionnelles de l'être humain. Ses mécanismes de défense, ses névroses, sa crainte des différences, ses sentiments, l'absence de réciprocité dans les intentions d'un dialogue, les manipulations… donnent autant de fil à retordre à l'empathie qu'elle en semble utopique.

 

Pourtant, certains individus sont bel et bien doués d'empathie. Elle est donc possible et peut être développée. Il suffit de le vouloir, d'être bien intentionné et de bonne foi. Le travail consiste d'abord à apprendre à bien se connaître, ensuite à analyser les processus des freins et des pièges de l'empathie, en parallèle à ses facilitateurs. L'approche systémique apporte l'ouverture d'esprit nécessaire. L'attitude assertive soutient la résistance aux techniques manipulatrices.

 

Dans cet ouvrage, Diane Dechièvre sort du cadre de la relation praticien-patient dans laquelle la déontologie contient le devoir d'empathie. Elle encourage chacun à tenter de la développer dans ses relations au jour le jour, notamment en prescrivant des exercices de réflexion à chaque fin de chapitre.

 

Diane Dechièvre

Empathie : utopie ?

Publibook, 2006

ISBN : 274833005-6

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 297 à 298 du livre      

 

Introduction

 

C’est quoi au juste l’empathie ?

La compréhension

Quel intérêt d’être empathique ?

L’humilité

Réflexions 1

 

L’écoute

L’écoute active

La communication

Réflexions 2

 

La neutralité

Le recul nécessaire

Les conseils

Les questions

L’importance de la réponse

L’importance de la motivation

Réflexions 3

 

Les freins à l’empathie

Les causes de l’incompréhension

Frein : les projections - facilitateur : la connaissance de soi

Frein : les transferts - facilitateur : la reconnaissance des différences

Frein : les jugements - facilitateurs : l’observation et l’analyse

Frein : les repères restreints - facilitateur : l’ouverture d’esprit

Frein : l’esprit de compétition - facilitateur : l’esprit d’équipe

Frein : l’anthropocentrisme - facilitateur : l’écologisme

Réflexions 4

 

Les pièges de l’empathie

Les dérives des émotions

L’affectivité

La compassion

La manipulation

Réflexions 5

 

L’approche systémique

Qu’est-ce que la systémique ?

La complexité

La perception de la réalité

Valeurs et croyances

Réflexions 6

 

L’harmonie psychosomatique

Quel(s) lien(s) entre soma et psyché ?

Quand la douleur morale crée le symptôme physique

Quand le physiologique cause la souffrance

Confusion entre génétique et hérédité

Quand le physiologique cause le bien-être

Quand la souffrance d’origine physique est renforcée par un stress émotionnel

Quand la force de l’esprit accélère la guérison

Réflexions 7

 

L’attitude assertive

L’intégrité préservée

Réflexions 8

 

Conclusion

 

Bibliographie

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

p. 18 à 19 du livre

 

Dans une relation entre deux individus, que l’on nomme « couple »[1], l’effet de l’empathie ne sera sain que si les deux antagonistes se comprennent mutuellement. Ce résultat est déjà très difficile à atteindre, mais pas impossible. En revanche, si dans un couple l’un impose sa manière d’être, de faire, de penser et si c’est toujours l’autre qui s’efforce de comprendre ou de concéder, l’empathie n’est plus, car elle devient sacrifice et/ou soumission.

 

Dans une relation complexe de minimum trois individus, que l’on nomme « groupe »[2], la compréhension naturelle et authentique est mise à rude épreuve. L’empathie au sein des groupes se révèle être habituellement un leurre en raison de la conjugaison des facteurs principaux suivants :

 

-    le phénomène de triangulation qui tronque les flux de communication ;

-    les sympathies et antipathies mues principalement par des sentiments d’admiration ou de jalousie ;

-    les rapports de force liés à la hiérarchisation et aux jeux de pouvoir.

 

Cependant, si chacun favorise et développe son empathie, il y aura de plus en plus de couples harmonieux : deux collègues, deux amis, un couple d’amoureux, des parents, un frère et une sœur, une mère et sa fille, un père et son fils, un oncle et sa nièce, un patron et son collaborateur, etc. mais aussi un maître et son chien, un cavalier et son cheval…

 

Le bien-être et l’aisance qui en émaneront, couple par couple, se répercuteront au sein des groupes[3] dont ils font partie[4].

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre



[1]     Couple : terme utilisé en dynamique des groupes quand seulement deux êtres vivants sont en présence, quel que soit le lien affectif ou statutaire qui les unit.

[2]     Groupe : terme utilisé en dynamique des groupes quand au moins trois êtres vivants sont en présence, quel que soit le lien affectif ou statutaire qui les unit.

[3]     Voir infra, Frein : l’esprit de compétition - facilitateur : l’esprit d’équipe.

[4]     Citation de Paulo Cuelho : « Le bonheur est quelque chose qui se multiplie quand il se divise. »

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

p. 23 à 30 du livre

 

Supposons que l’on vous confie une charge, un poids, une peine, bref quelque chose de négatif et que vous ayez vécu un événement semblable que vous n’auriez pas perçu négativement. En vous comparant, vous dénigrez la confidence, ce qui en accentue le poids négatif chez celui ou celle qui se confie.

 

Exemple :  

−      Mon patron me tyrannise, me stresse et j’en perds le sommeil, donc je m’affaiblis et j’en deviens réellement incompétent. Je n’en peux plus…

    Allons, prends-le positivement ! Si tu tiens bon, tu apprendras à faire face à une grosse charge de travail et à gérer ses humeurs.

 

Cette réplique qui part d’un bon sentiment sera émise par une personne ayant vécu une relation apparemment semblable de manière positive. Elle tentera de projeter son expérience positive sur son interlocuteur en toute bonne foi. Mais ce dernier aura le sentiment négatif que sa confidence est sous-estimée ; il souffre et sa douleur n’est pas reconnue ; pire : elle s’en trouvera accrue. La reconnaissance de la souffrance est pourtant une étape empathique fondamentale avant de passer aux conseils[1].

 

Autre exemple :

−     J’ai mal au ventre, je vais me coucher et me reposer.

    Tu devrais aller chez le médecin, c’est peut-être grave !

Le lendemain :

    Comment vas-tu ? Toujours mal au ventre ?

    Non, non, c’est passé, je suis fraîche et dispose, merci.

    Tu devrais quand même te faire examiner car tu as peut-être un fibrome.

Une semaine plus tard :

    Alors, comment va ton ventre ?

    Quoi ? Ha ! J’avais déjà oublié. C’est loin derrière moi. Je suis en bonne santé, merci !

    Tu n’es toujours pas allée faire des examens médicaux ?

 

A la longue, ce rabâchage risque de créer le mal inexistant à la base. Il suffit que la personne à qui il s’adresse ait un moment de faiblesse ou simplement qu’elle soit agacée par ces répétitions incessantes pour somatiser le mal supposé et inculqué par son interlocuteur.

 

Supposons que l’on vous confie une joie, un bonheur, une passion, bref quelque chose de positif et que vous ayez vécu un événement semblable que vous n’auriez pas perçu positivement. En vous comparant, vous romprez le charme et le bonheur de la confidence, vous aurez le rôle de rabat-joie.

 

Exemple :

    J’ai reçu ma lettre de lauréat de concours pour cette institution européenne ! Chouette !

−     Ne te fais pas d’illusion ! Tu ne seras pas embauché : tu fais partie des nationalités ayant atteint leur quota !

 

Cette réplique part peut-être d’un bon sentiment (celui de mettre en garde contre des illusions) de la part d’une personne ayant vécu un concours sans avoir été embauchée ou ayant été témoin d’une semblable déconvenue...

 

Mais pour la personne qui s’enthousiasme après les efforts accomplis tout au long de la procédure de recrutement, cette réplique se traduira par : « Oui, c’est bien, mais en fait tu t’es crevé pour rien car tu n’y entreras pas dans cette institution ! » La réplique empathique et ouverte eût été d’accueillir cette joie partagée par une réplique enthousiaste et encourageante, du style : « Génial, félicitations ! À présent, l’autre combat sera d’y être embauché sur le poste qui convient. »

 

De même, comparer la confidence à un événement dont vous auriez été témoin, auprès d’une personne qui vous est proche, tronquera votre perception, ce qui induira l’expression d’un jugement, réel ou connoté, positif ou négatif qui sera hors propos.

 

Il s’agit là principalement de projections et de transferts[2].

 

 

Comparaisons de critères personnels

 

Les critères de tout un chacun ne reflètent pas la réalité. S’ils sont valables pour leur propriétaire, ils sont peut-être ignorés ou rejetés par un tiers.

 

Comparer ses critères à ceux d’autrui en critiquant ces derniers, car ne correspondant pas à notre vérité, n’est pas constructif, mais bien vide d’empathie ; a fortiori si on les impose à autrui.

 

Comparer vos critères d’un domaine particulier de la vie au quotidien avec une tierce personne peut avoir des conséquences humaines négatives, voire désastreuses. Cela, même (voire d’autant plus) s’il s’agit d’un(e) de vos proches.

 

Exemple de comparaison de critères de propreté :

 

Vous pensez être propre. Vous avez vos critères et vos habitudes. Vous constatez que B. nettoie les toilettes avec la même lavette que celle qui nettoie le lavabo de la salle de bains. Cela vous dégoutte car vous ne le faites jamais. Vous comparez et tirez la conclusion hâtive que B. n’est pas propre. Ce que vous ignorez c’est que B. nettoie la lavette à l’eau bouillante avec un désinfectant et procède à ce nettoyage tous les jours. Vous ne nettoyez qu’une fois par semaine, les lavettes passent à l’eau tiède sans désinfectant. Si B. devait vous surprendre peut-être trouverait-il votre manière de faire « sale ».

 

Si vos critères de propreté sont plutôt simples, vous allez trouver A. ou B. « maniaques ». Ces derniers se trouvant « propres » vous trouveront « sale » et jugeraient C. « maniaque » si ce dernier a des critères de propreté plus pointus.

 

Qui est sale ? Qui est propre ? Qui est maniaque ? Tout dépend de vos limites à vous, donc de votre point de vue, de vos sensations, de vos habitudes. Les limites du tolérable vers le bas ou vers le haut reviennent toujours au respect de l’autre. Si l’autre ne peut supporter vos critères, soit il faudra les adapter mutuellement, notamment si d’autres domaines de vie doivent être partagés ; soit il faudra prendre du recul dans la relation.

 

Si vous êtes empathique, vous ne jugerez pas l’autre comme étant « sale » ou « maniaque », car vous saurez que la comparaison n’apporte rien de constructif. Si vous en venez à en discuter, en cas de cohabitation dans un bureau ou dans la vie intime, il semble constant que les résultats positifs s’obtiennent lorsque celui ou celle ayant des critères (de propreté) moindres s’adapte à ceux plus pointus de l’autre, ce dernier devant aussi relativiser. La discussion ne doit pas contenir de jugements, ni de critiques, mais mettre en avant la différence de critères et les expliciter. Comparaisons et jugements entraînent des braquages et des ruptures.

 

Evidemment, il faut être deux à adopter l’attitude empathique. Si vous êtes le seul à produire un effort, le résultat mutuel escompté ne sera pas atteint.

 

Ces types de comparaisons sont les conséquences de projections ou de transferts.

 

 

Exemple de comparaison en matière de santé :

 

A. dit à B. : « Dès que je suis en contact avec de la fumée de cigarette ou de cigare ou avec un air ambiant vicié, j’ai au moins une crise d’asthme. »

B. (qui fume) rétorque à A. : « Mais c’est dans ta tête tout ça ! »

 

Supposons que l’asthme de A. soit d’origine psychique ; il n’en reste pas moins qu’il l’aura sa crise d’asthme (qui peut avoir des conséquences dramatiques) si B. ne respecte pas le besoin de A. d’évoluer dans des lieux où l’air est sain.

 

Que l’asthme soit « dans la tête » de A. ou qu’il y ait une réelle cause physiologique , l’attitude empathique de B. serait de respecter le besoin  qu’a A. d’éviter le contact avec toute forme de fumée.

 

La réplique de B. contient plusieurs messages sous-jacents anti-empathiques :

- négation  => refus de croire à la réalité de l’asthme ;

- culpabilisation  => c’est ta faute si tu as des crises d’asthme ;

- interprétation  => sentiment de culpabilité suivi d’une volte-face tu me dis ça parce que je suis coupable de tes crises d’asthme ;

- égocentrisme  => je fume et ça ne me rend pas malade, donc toi non plus.

 

Voilà comment une simple petite phrase peut contenir autant de violence, nuire à la compréhension mutuelle entre deux personnes et porter atteinte à l’authenticité de la relation.

 

 

Exemple de comparaison en termes de succès :

 

C. a trente ans et suit des cours du soir. D. a trente-cinq ans, a interrompu ses études pour se marier et avoir des enfants.

C. partage une bonne nouvelle avec D. : « J’ai réussi mes examens avec brio ! Plus qu’un an et j’aurai mon diplôme tant souhaité. »

D. rétorque : « C’est pas à trente ans qu’on reprend des cours du soir ! Il est grand temps que tu te maries et que tu fasses des enfants ! »

 

Il y a deux messages possibles inhérents à la rétorque de D.

- Soit D. assume son choix (mariage et enfants) et a la croyance fortement enracinée que le seul chemin à suivre est celui-là – repère restreint, égocentrisme.

- Soit D. n’assume pas son choix (mariage et enfants) et ne supporte pas que la liberté de C. lui permette de suivre les études que D. n’a pas pu suivre pour les raisons qui la concernent – jalousie.

 

Quelle que soit la motivation de la répartie de D., elle a pour résultat d’être rabat-joie, de tirer vers le bas, de manquer de respect vis-à-vis du choix et du besoin qu’a C. de suivre ces cours du soir. La réplique empathique aurait pu ressembler à : « Hé bien, je suis contente pour toi ! » en pensant réellement ces mots-là.

 

Néanmoins, il est à souligner que la rétorque directe de D. à C. est préférable à l’absence de feedback. Le silence pourrait être suivi, dans cet exemple, de médisances à l’insu de C. qui pourraient facilement dégénérer en calomnies par l’intermédiaire de personnes de mauvaise foi.

 

La répartie directe, même si elle est exempte d’empathie, permet à C. de savoir à quoi s’en tenir et/ou de se défendre si nécessaire.

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre


[1]     Voir infra, Les conseils.

[2]     Voir infra, Les freins à l’empathie.

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

p. 31 à 33 du livre

 

 

Une règle d’or :

ne jamais mettre une parole en doute,

mais garder le doute à l’esprit.

 

Mettre une parole en doute – ou pire la nier – suppose que vous croyez qu’elle est fausse. Garder le doute à l’esprit suppose que vous croyez qu’elle puisse être tant vraie que fausse.

 

Ce n’est pas parce qu’une personne vous raconte quelque chose que ce qu’elle dit est vrai. Inversement, ce n’est pas parce que vous doutez de ce qu’elle dit, que c’est forcément faux ou mensonger.

 

Garder le doute à l’esprit permet à la fois de n’être ni dupe ni déniant. Garder le doute à l’esprit est l’avoir critique[1].

 

La négation, mettre en doute ou nier, entraînera le repli sur soi de l’autre ou bien ce dernier considérera votre attitude comme une mise au défi de vous prouver que ce qu’il dit est vrai.

 

La négation est une attitude décourageante qui sème le doute dans l’esprit de votre interlocuteur par rapport à lui-même. Or, une relation constructive et empathique est celle qui encourage l’autre à acquérir ou à garder confiance en soi, à ne pas douter de ses capacités, à émettre des affirmations positives spontanées et authentiques.

 

Nier la parole d’autrui entraîne des déperditions d’énergie car votre attitude indique que vous avez déjà tiré votre conclusion et que tout ce que l’autre avancera ou démontrera ne fera que confirmer votre certitude de la fausseté de l’information (même si celle-ci est authentique). L’autre s’affaiblira, risquera de passer par un stade de crises d’hystérie notamment, toujours en tentant de vous faire comprendre que ce qu’il dit est vrai, mais il finira quand même par se taire et se replier.

 

Le repli sur soi peut revêtir plusieurs formes allant de l’isolement et du silence à l’adoption d’un rôle et d’une attitude inauthentiques. La personne repliée se présente alors devant vous de manière à correspondre à ce que vous lui aurez démontré que vous croyez d’elle et/ou attendez d’elle.

 

Si vous avez systématiquement recours au déni de manière délibérée, il peut s’agir d’un désir de domination de votre part sur l’autre. Il faudra alors que vous en analysiez les mobiles. Sans doute, n’avez-vous pas envie d’entendre ou de reconnaître la vérité ? Dans ce cas, il faudra vous poser la question : pourquoi ?

 

Qu’elle soit délibérée ou inconsciente, cette attitude de déni vous fait passer à côté de relations authentiques. Si elle est votre attitude habituelle, vous risquez de ne jamais avoir l’occasion de vraiment apprendre à (re)connaître une tierce personne. Vous vous inscrirez en permanence dans des clichés, vos projections, vos transferts… Cette attitude est l’antithèse de l’empathie.

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre



[1]     Voir infra, Esprit critique sans critiquer.

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

p. 41 à 42 du livre

 

Laissez passer une nuit et répondez aux questions suivantes par rapport à vos souvenirs de la semaine qui vient de s’achever :

 

-     Vous souvenez-vous avoir jugé une action ou une pensée d’un tiers comme étant mauvaise ? Si oui, pourquoi ? Avez-vous essayé de comprendre ? Comment avez-vous procédé à cette fin ?

-     Vous souvenez-vous de quelqu’un qui se serait comparé à vous ? Quel effet cela a-t-il eu sur vous ? Était-ce en bien ou en mal ? La comparaison était-elle pertinente ? Si oui ou si non, pourquoi ?

-     Avez-vous comparé un critère de santé d’un de vos proches avec les vôtres ? De quelle manière ? Comment cette comparaison a-t-elle été accueillie ? Avez-vous l’impression d’avoir respecté l’autre ? Quelle était votre motivation dans l’expression de cette comparaison ? D’où vient cette motivation ?

-     A-t-on mis votre parole en doute, insinuant que l’on ne vous a pas cru ? Si oui, comment vous sentez-vous par rapport à cela ?

-     Avez-vous mis la parole d’un de vos proches en doute ? Comment a-t-il réagi ? Vous êtes-vous rendu compte de l’effet négatif ? Comment pourrez-vous accentuer votre ouverture d’esprit à l’avenir ?

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

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Bonne lecture !

Diane Dechièvre

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 61 à 64 du livre

 

Lorsqu’on est empathique, lorsqu’on comprend l’autre, on ne donne ni conseils ni instructions, a fortiori si aucune demande n’est formulée à cette fin et on prend encore moins des décisions à la place de l’autre. N’oubliez pas : l’empathie est la capacité de pénétrer le monde de l’autre ; l’empathie n’est pas être l’autre. Vous êtes vous. L’autre est l’autre. Lorsque l’on donne un conseil, c’est toujours par rapport à ce que l’on aurait fait soi-même dans la situation exposée. Et si, en plus, l’autre ne demande rien, un conseil, comme une instruction, sera considéré consciemment ou inconsciemment comme un ordre déguisé. La relation sera alors du style dominant - soumis. La directivité annule l’empathie.

 

Attention ! Ne pas interpréter tous les conseils comme étant nuisibles. Il existe en effet des conseils sains. Il y a lieu de faire la distinction entre les différents types de conseils. D’une manière générale, tous les conseils répondent à deux types de savoirs : savoir-faire et savoir-être[1].

 

-     Un savoir-faire, comme son nom l’indique, correspond à la capacité de faire quelque chose d’une certaine manière : comment utiliser un ordinateur, comment danser, comment remplir une déclaration fiscale, comment nager, comment poser les premiers gestes de secourisme, comment rédiger un résumé, comment monter un meuble…

 

-     Un savoir-être est plus complexe. Il correspond à une manière d’être dans sa relation avec autrui. Des savoir-faire sont toujours associés à un savoir-être plus global : comment parler en public, comment se présenter, comment gérer des hommes, comment être poli, comment s’entretenir au téléphone, comment être assertif, comment développer son empathie…

 

 

Les conseils malsains

 

Quels que soient le type de conseil, le lieu où il est émis, la manière dont il est transmis, la raison pour laquelle on le donne, sa motivation… un conseil est malsain dès lors qu’aucune demande n’a été explicitement, voire formellement, formulée.

 

Le conseil le plus aliénant est le conseil-sourd, celui qui fait redondance avec ce qui vient d’être dit, d’être exprimé ou avec un trait de caractère ou de comportement que l’on est censé connaître de son interlocuteur.

 

[…]

 

Aussi, au quotidien, même si un proche vous demande conseil concernant un savoir-être, dans le meilleur des cas, l’idéal reste de l’aiguiller vers un cadre formel : formation, coaching, psychothérapie… Selon les circonstances, si le conseil immédiat est l’inévitable réponse, il convient d’ajouter une phrase prudente du style : « Voici comment je me comporterais dans cette situation, mais bien sûr il s’agirait de moi et tu n’es pas moi ; voici mon conseil qui n’est qu’un conseil ; à toi de choisir de le suivre ou pas selon ta propre personnalité, tes motivations… »

 

Les conseils imposés sont la plupart du temps ignorés par les personnes intègres, authentiques et sans problèmes. Ils sont malheureusement souvent suivis par les personnes en détresse. Loin de les aider vraiment à s’en sortir, à s’affirmer, les conseils d’un tiers les positionnent dans un rôle de soumission et d’abnégation. Le tiers tient ainsi un rôle de gourou. On est alors à cent lieues de l’empathie. L’aide intègre et authentique consisterait à guider la personne à trouver elle-même la solution à son problème.

 

Parfois, certaines personnes influentes tentent de déstabiliser un tiers pour pouvoir ensuite imposer leurs conseils. Nous sommes tous des êtres vivants avec des émotions : les techniques manipulatrices peuvent atteindre même les plus solides. S’en prémunir nécessite de les connaître[2].

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre



[1]     Pour donner une réponse correspondant à un simple savoir, donc à une connaissance, on ne demande aucun conseil, mais bien une simple information.

[2]     Voir infra, La manipulation.

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits

p. 67 à 74 du livre

 

Les questions ont pour but d’obtenir une information. Mais à quoi servira cette information ? La façon dont les questions sont formulées dépend du but poursuivi par celui qui les pose : curiosité malsaine ? Désir de prise de pouvoir ? Ou plutôt envie empathique de permettre à son interlocuteur de s’exprimer en toute confiance ?

 

Au quotidien, si l’on souhaite humblement développer son empathie, on évitera certaines formulations de questions et l’on favorisera le questionnement ouvert.

 

 

Les questions à éviter

 

D’une manière générale sont à proscrire les questions fermées qui forcent une réponse réduite qui entraînera fort probablement une conclusion hâtive. Les questions fermées tirent vers le bas car étant souvent connotées ; elles font obstacle au déroulement authentique de la relation.

 

Aussi, poser des questions personnelles à son interlocuteur nécessite que ce dernier ait fait un premier pas, verbal ou non verbal, démontrant son désir ou sa disponibilité à parler de lui. Dans les autres cas, les questions personnelles sont indiscrètes et trahissent une forme de curiosité malsaine.

 

Si l’on se trouve dans le cadre d’une relation débutante où deux personnes apprennent à se connaître, les choses sont différentes. Mais la personne à qui une question personnelle est posée peut, à un certain stade de la relation, considérer cette question comme indiscrète, non à propos ou trop précoce et clairement exprimer le choix de s’abstenir d’y répondre, d’aborder tel sujet. Il convient alors de respecter ce choix et de ne pas insister. Si la relation est saine, elle s’épanouira et la réponse finira bien par éclore au moment où la personne qui la détient se sentira prête et en confiance pour la donner. Insister ou rappeler la question à intervalles réguliers revient à une tentative de vol d’information, de violation de l’intimité. Cette intrusion n’aura pour effet qu’un blocage dans la relation, son altération ou carrément sa fin.

 

Les questions-classeurs visant à réduire l’interlocuteur au rang d’une catégorie de personnes. Vous aurez tout au plus une indication sur son groupe d’appartenance ou sur la catégorie recherchée, mais pas sur l’individu à part entière à qui vous poserez la question.

Exemples :

« Quel est ton signe zodiacal ? »

« Quel est ton grade ? »

« Tu es de quelle origine ? »

« Quelle est ta profession ? »

« À quelle religion adhères-tu ? »

Même si ces questions peuvent être – à un moment donné de la relation – incontournables, elles ne doivent pas à elles-seules permettre de cataloguer la personne.

 

Les questions-réponses qui sont le comble de l’absence d’écoute. Elles sont de trois types.

-     Soit vous posez une question qui dévoile votre réponse à votre précédente question, à la place de votre interlocuteur. Exemple : « Tu t’entends bien avec ton frère ? » suivi de : « En apparence vous vous entendez bien, mais n’y a-t-il pas un peu de haine cachée entre vous ? » (à celui qui, par exemple, ne démontre que de la complicité avec son frère.)

-     Soit votre question contient déjà la réponse prédéterminée de votre esprit. Exemple : « Souhaiteriez-vous devenir top-model ? » (à une jolie fille qui pourtant ne parle que de ses études.)

-     Soit votre question n’attend pas la fin de la réponse et vous la faites suivre de votre réponse. Exemple : « Pourquoi as-tu épousé cette fille ? » suivi du début de réponse : « Parce que je… » directement suivi de votre : « Parce que ses parents sont friqués bien sûr ! »

 

Les questions-conseils directifs qui déguisent une instruction, un ordre.

Exemples :

« Pourquoi ne vous mariez-vous pas ? »

« Et des enfants, quand vous déciderez-vous à en avoir ? »

« Pourquoi ne peindrais-tu pas ta chambre en bleu, ce serait bien plus joli, non ? »

 

Les questions-négations qui induisent d’office qu’on ne va pas croire ou tout au moins qu’on va mettre en doute la réponse qu’on attend. Elles trahissent le désir de prise de pouvoir, de celui ou celle qui les pose, sur son interlocuteur. La traduction-type des questions-négations est : « Je sais que tu vas me répondre ça, mais d’office, je ne te crois pas » ou : « En fait, je sais très bien que tu me répondras la vérité, mais je n’ai pas envie de démontrer que je te crois car je souhaite te déstabiliser pour t’imposer ma façon de voir les choses… »

Exemples :

« Tu ne vas tout de même pas me dire que tu ne le savais pas ? »

« Qu’as-tu donc vécu de si pénible ? »

 

Les questions-jugements qui contiennent un jugement connoté. Elles constituent un type d’injonctions culpabilisantes. Ces questions sont soit l’expression d’un sentiment de jalousie, soit l’expression d’une projection ou d’un transfert.

Exemples :

« Ne seriez-vous pas un peu fainéant ? »

« Ne rêves-tu pas un peu trop ? »

 

Les questions-matraquages qui se suivent à un rythme soutenu, ne vous laissant pas le temps d’écouter attentivement la réponse précédente, ni ne permettant à votre interlocuteur de souffler entre deux réponses dont la profondeur lui échappera. Ce type de questions peut être dû à un très grand enthousiasme, sans arrière pensée, mais très maladroit. Souvent pourtant, il est le reflet d’un désir de déstabilisation qui vise à détourner l’interlocuteur des vraies réponses et à lui faire dire ce qu’il n’aurait jamais dit sereinement. C’est l’interrogatoire de police malmené. Celui qui fait avouer les innocents.

 

Les questions-sourdes qui sont en contradiction avec ce qui vient d’être dit ou a été exprimé préalablement, ou qui n’ont carrément rien à voir avec la personnalité ou les compétences de l’interlocuteur, alors que l’on est censé les avoir « reconnues ». Je m’y attarde quelque peu car ce type de questions est particulièrement dangereux quant aux conséquences.

 

[…]

 

Les questions à poser

 

Les questions non personnelles, organisationnelles et pratiques peuvent et doivent se poser. Exemples :

« Quelle heure est-il ? »

« Combien coûte cet objet ? »

« Où et quand a lieu telle réunion ? »

 

Deux règles principales pour ce type de questions : elles doivent intervenir à propos et contenir tous les éléments permettant la réponse souhaitée, sans pour autant les grossir de compléments inutiles. Il faut penser au destinataire de la question qui doit la comprendre facilement et rapidement afin de pouvoir y répondre pertinemment.

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

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Diane Dechièvre

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 79 à 84 du livre          

 

Ce n’est pas parce qu’on est neutre, qu’il faut s’abstenir de répondre à une question, à une demande de conseil.

 

L’absence de réponse, de retour, de feedback, est perçue comme de l’indifférence. L’émetteur de la question ou de la demande de conseil est en attente d’une réponse. Au plus le temps passe, au plus cette attente devient anxiogène.

 

Aussi le fait de répondre constitue-t-il une règle simple de savoir-vivre, de politesse. Répondre marque le respect de la dignité de l’être vivant qui vous interpelle.

 

Bien sûr, il existe des questions émises par des personnes mal intentionnées qui tentent de provoquer leur interlocuteur en le mettant mal à l’aise ou en le harcelant de questions dont elles possèdent pourtant la réponse.

Dans ce cas, nous sortons de la relation authentique et empathique et nous avons le droit de mettre un terme à ce jeu malsain, dès que nous l’avons compris. L’indifférence est alors légitime.

 

Dans le cadre d’une relation normale, répondre ne signifie pas donner la réponse attendue, ni le conseil souhaité. Répondre consiste simplement à communiquer un retour, un feedback.

 

[…]

 

Si la réponse à la demande ne peut être donnée avant un certain délai, plutôt que de se dire que l’on répondra le moment venu, il convient d’en avertir l’interlocuteur qui ignore justement ce délai et s’inquièterait de n’avoir aucune réponse.

 

[…]

 

Les règles de politesse découlent du bon sens empathique du respect de chacun. Une réponse, un retour, un feedback est indispensable dans une communication saine et authentique. Soit elle donne la réponse souhaitée proprement dite, soit elle indique que l’on ne peut pas répondre, que l’on ne sait pas répondre, que l’on répondra plus tard ou que l’on n’a pas de réponse ; elle fixe le demandeur qui sait alors s’il doit demander à quelqu’un d’autre, trouver la réponse par lui-même ou ailleurs, attendre et, le cas échéant, combien de temps…

 

Il ne s’agit pas non plus de se justifier. Vous pouvez le faire, mais répondre qu’on ne peut répondre ou répondre que l’on n’est pas en mesure de répondre, n’impose nullement que vous vous lanciez dans des explications qui justifieraient votre sentiment de culpabilité à ne pas donner la réponse voulue par votre interlocuteur.

 

Vous ne pouvez pas répondre ou ne voulez pas. Chacun a le choix et le droit de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de ne pas vouloir. Simplement dites-le sans vous justifier. A moins que la situation ne l’impose : à vous d’aiguiser votre bon sens et d’apprécier s’il est nécessaire d’apporter ou non une justification.

 

Le demandeur peut aussi vous demander de justifier, justement, votre absence de réponse. Dans la mesure du possible, restez neutre.

 

Exemple :

Q : « Tu viens à la maison samedi soir ? »

R : « Non je ne pourrai pas. »

Q : « Pourquoi pas ? » = demande de justification.

R : « Parce que j’ai d’autres engagements. » = réponse neutre.

Q : « Lesquels ? » = demande précise de justification.

 

Là, évidemment, il sera difficile d’esquiver.

-     Soit vous êtes assertif, ne voulez pas vous justifier et dites, par exemple : « Je ne peux pas, je suis désolé, je ne vais pas m’étendre à t’expliquer mes autres engagements. Ce sera pour une autre fois. »

-     Soit vous êtes assertif, vous connaissez bien la personne et ne voyez aucun souci à lui donner des justifications.

-     Soit vous manquez d’authenticité et vous esquivez la justification par un mensonge, par exemple : « Je ne peux pas car je serai à l’étranger. »

-     Soit vous manquez d’authenticité et vous cédez en vous justifiant. Après quoi, vous aurez fort probablement des remords de ne pas avoir su respecter votre propre décision de ne pas vous justifier.

 

Si vous êtes empathique, vous resterez assertif et opterez pour une solution qui respecte l’authenticité de la relation.

 

Évidemment, comme déjà abordé, une relation authentique ne peut l’être que si les deux personnes impliquées sont empathiques et respectent leurs choix mutuels.

 

Ainsi celui qui insiste pour obtenir des justifications manque d’empathie. Si l’on comprend que l’interlocuteur ne souhaite pas se justifier, être empathique sera de se dire qu’il a une bonne raison de ne pas s’y étendre et on s’abstiendra d’insister.

 

En insistant, vous forcez l’autre.

-     Soit à perdre son intégrité s’il vous répond et se justifie contre son gré.

-     Soit à mentir si, pour une raison x, y ou z, il ne souhaite pas vous communiquer les vraies raisons.

-     Soit à perdre son sang-froid s’il souhaite préserver son intégrité, sans se justifier ni mentir.

 

Dans les trois cas, le résultat sera la perte de la confiance mutuelle comme de la confiance en soi.

 

La garantie de la confiance est le respect des choix de l’autre.

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

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Diane Dechièvre

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Lundi 9 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 87 à 89 du livre

 

A propos de conseils

 

-     Donnez-vous généralement pas ou peu de conseils ? Pourquoi ?

-     Donnez-vous généralement de nombreux conseils ? Pourquoi ?

 

Notez tous les conseils que vous vous souvenez avoir donnés durant la semaine écoulée. En regard de chaque conseil notez-en le type. Notez ensuite en quoi ils ont été bénéfiques ou négatifs, pour votre interlocuteur comme pour vous-même. Puis réfléchissez à la manière de vous abstenir à l’avenir de donner les conseils à éviter.

 

Quand vous donnez des conseils sans qu’il y ait eu demande explicite de la part de l’autre, quelle est votre motivation réelle profonde ? Souhaitez-vous asservir l’autre à votre volonté ? Avez-vous conscience qu’un conseil non souhaité pousse l’autre à la soumission ou, au contraire, au braquage, parfois agressif, voire hystérique ?

 

 

A propos de questions

 

-     Etes-vous de nature curieuse, dans vos relations interpersonnelles ?

-     Quel type de questions posez-vous ? Pourquoi ?

 

Notez toutes les questions que vous vous souvenez avoir posées durant la semaine écoulée. Réfléchissez ensuite à la manière dont vous pourriez vous abstenir à l’avenir de poser les questions à éviter.

 

Avez-vous récemment été heurté(e) par l’un ou l’autre conseil qu’on vous aurait donné ? Si oui, pourquoi ? Aviez-vous demandé conseil ? Quel type de conseil était-ce ? Répondait-il à un savoir-faire ou à un savoir-être ? D’après vous, l’intention de l’individu qui vous donnait le conseil était-elle anodine ou motivée par une stratégie relationnelle ? Ne cherchez pas à interpréter l’intention, mais cherchez plutôt à analyser les indices dans le contenu du message qui vous font penser à une motivation plutôt simple ou plutôt ambiguë.

 

Vous a-t-on récemment posé l’une ou l’autre question indiscrète ? Si oui, qu’est-ce qui vous fait dire que la question était vraiment indiscrète ? Qu’avez-vous ressenti comme émotion(s) ? Avez-vous répondu à la question ? Si oui, êtes-vous satisfait(e) d’y avoir répondu ? Si non, comment avez-vous esquivé la question ? Avez-vous changé de sujet, avez-vous exprimé clairement votre souhait de ne pas y répondre ? Êtes-vous satisfait(e) de votre réaction ? Si non, comment auriez-vous pu répondre ou réagir ?

 

 

A propos de réponses

 

-     Donnez-vous généralement des réponses à toutes les questions que l’on vous pose ? Êtes-vous satisfait(e) des réponses données ?

-     Ne regrettez-vous pas quelquefois d’avoir donné des réponses dont vous auriez préféré vous abstenir ?

 

Répondez-vous généralement uniquement aux questions auxquelles vous pouvez répondre ?

 

Si oui, que faites-vous des questions auxquelles vous ne pouvez / souhaitez / savez pas répondre ? Restez-vous silencieux(se) ? Laissez-vous le demandeur sans retour, sans feedback ? En avez-vous la conscience tranquille ? Êtes-vous conscient(e) de conséquences probables de cette indifférence ?

 

Pourquoi ne répondez-vous pas ?

-     Parce que vous ne savez pas comment exprimer une absence de réponse ?

-     Parce que vous craignez que votre interlocuteur le prenne mal ?

-     Parce que vous craignez d’être poussé(e) à mentir ?

-     Pour une autre raison ? Essayez de vous souvenir des diverses questions auxquelles vous ne répondez pas d’habitude et analysez-en les causes profondes.

 

Souhaitez-vous améliorer vos retours, vos feedback pour optimiser votre respect d’autrui tout en préservant votre intégrité ?

 

Avez-vous déjà décelé quelques pistes de réflexion, quelques techniques pour y travailler ?

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

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Diane Dechièvre

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Mardi 10 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 118 à 124 du livre

 

Les liens de cause à effet consistent à croire qu’à tout effet correspond une même cause et que toute cause entraîne un même effet.

 

Exemples de liens de cause à effet :

 

-     X. est maladivement jaloux. « C’est parce qu’il est Scorpion. » Donc tous les Scorpion devraient être maladivement jaloux ; donc toutes les personnes maladivement jalouses devraient être Scorpion ![1]

 

-     Z. est un jeune garçon qui subit des violences physiques de son père. « Il reproduira cette violence sur ses enfants. » Donc toutes les personnes ayant subi des violences de la part de leurs parents devraient forcément les transférer sur leur progéniture. Donc tous les enfants battus ne le seraient que par des parents qui auraient eux-mêmes été victimes de violence parentale.

 

Certains diront alors que Z. peut sombrer dans l’extrême inverse : ne pas passer à l’acte mais rester en permanence victime de violences physiques.

 

Il s’agit de schémas classiques. La réalité dépasse de très loin ces liens de cause à effet.

 

De nombreuses personnes rompent le cercle vicieux de la violence, par leur personnalité d’une part, grâce à la psychanalyse d’autre part, soutenues par des rencontres encourageantes, appuyées par diverses formes de thérapies possibles. Sinon, à quoi ces dernières serviraient-elles ?

 

De nombreuses personnes, éduquées dans un climat familial serein, sombrent, au contraire, dans la violence parce qu’une part de leur personnalité les y prédispose et/ou parce qu’elles y sont entraînées par des mauvaises fréquentations. Prises dans un tourbillon d’actes violents, elles accumulent ainsi les sentiments de culpabilité qui accroissent la fréquence et l’intensité de ces actes.

 

-     Y. est confronté à un problème d’alcoolisme. Lors de sa psychanalyse, il dévoile qu’il a été, enfant, victime d’actes répétés de pédophilie perpétrés par le curé. Il s’agissait bien d’actes sexuels et pas de simples attouchements. La pression psychologique empêchait alors l’enfant d’en parler et à contrecœur, il s’exécutait à chaque fois que le curé le forçait à ces pratiques.

 

Le psychanalyste vérifia si le schéma classique du lien de cause à effet s’appliquait : « Y., homme adulte, était-il devenu homosexuel ou pédophile lui-même ? » Y. le nia. Il est hétérosexuel et n’a jamais été attiré à aucun moment de sa vie par les hommes et encore moins par les enfants. De nombreuses séances ont été orientées par le psychanalyste afin de vérifier par recoupements si Y. ne mentait pas.

 

Y. n’a pas menti. Il souffre d’énormes sentiments de culpabilité qu’il noie régulièrement depuis l’adolescence dans l’alcool et les accès de violence.

 

En revanche, on découvre de nombreux réseaux de pédophilie. Parmi tous ces gens, si certains ont bien été eux-mêmes victimes de pédophilie, les autres pas ! Il y a bien une cause à leur perversion sexuelle, mais elle peut très bien être autre. Il n’y a pas qu’une seule cause pour un seul effet.

 

-     « Une fille de prostituée devient forcément prostituée, elle aussi. » Et que fait-on de celles qui deviennent avocate ou gérante d’un magasin d’articles de mode ou… ?

 

-     « Une personne n’ayant pas reçu d’amour dans son enfance est incapable d’en donner. » Voilà un lien de cause à effet très défaitiste. Que doivent faire ceux qui n’ont pas reçu d’amour dans leur enfance ? Se suicider ? Parce qu’ils sont incapables d’en donner ?

 

Un enfant qui naît est une boule d’amour en puissance. Il a un instinct d’attachement qu’il oriente logiquement vers sa mère ou vers toute personne présente censée le protéger, le nourrir, le toucher. La réponse à cet instinct d’attachement est déterminante. Si la réponse ne vient pas de la mère, l’enfant qui grandit peut, à tout moment, obtenir une réponse d’une tierce personne, soit dans sa propre famille, soit ailleurs. Il faudra alors qu’il accepte cette réponse « étrangère », afin de continuer à grandir, à s’épanouir, à évoluer, à être aimé et à aimer. S’il ne reçoit aucune réponse à cet instinct d’attachement, l’enfant meurt tout simplement.

 

Il est important de rappeler que les schémas classiques correspondent, certes, à des observations récurrentes, mais qui ne consistent nullement en des vérités universelles. Sur cent situations à la cause semblable, nous observerons, par exemple, quarante ou cinquante effets similaires. Mais nous observerons cinquante ou soixante autres cas, sans rapport aucun avec les schémas classiques et tous uniques dans leurs effets.

 

Si nous percevons les choses telles qu’elles se présentent à nous, nous avons tendance à assimiler à une vérité universelle les manifestations récurrentes, même si celles-ci ne constituent que 40% des cas observés et étudiés.

 

Très schématiquement :

 

100 mêmes causes X

<=>

40 mêmes effets Y

<=>

60 effets différents les uns des autres

 

L’être humain reste leurré par les 40[2] mêmes effets et a tendance à en faire une vérité universelle. Les autres effets, même s’ils sont en plus grand nombre, restent plus ou moins isolés les uns des autres. L’homme n’aura pas le réflexe de les regrouper dans une catégorie. Il dira, pour chaque cas, qu’il s’agit de 1 ou 2 ou 3% et que cela relève de l’exception qui confirme la règle. Nous sommes trompés par l’esprit cartésien dans lequel nous sommes globalement éduqués. C’est ce processus mental qui nous amène à faire démesurément des liens de cause à effet, à émettre des diagnostics et des pronostics humains erronés.

 

L’empathie a besoin de la conscience de la diversité des causes possibles à un même effet, comme de la multiplicité des effets possibles à une même cause.

 

Il est bien évidemment recommandé de vérifier, avec esprit critique, analyse et discernement, si un schéma classique se vérifie. Mais il convient de garder suffisamment d’ouverture d’esprit pour accepter qu’il puisse en aller autrement. Un bon psychanalyste, un bon thérapeute possèderont cette ouverture, cette empathie indispensable à un travail constructif, évolutif.

 

Il devrait en aller de même dans nos relations au quotidien. Plutôt que de « jouer » au psy et tirer des conclusions hâtives basées sur des lectures schématiques, il vaudrait mieux exercer son empathie à pouvoir supposer un effet autre que celui suggéré par les représentations stéréotypées.

 

Aussi, dans les liens de cause à effet, nous pouvons ajouter toutes les vérités universelles issues des dictons populaires, autres proverbes et autres maximes.

 

Exemples :

 

-     « Qui vole un œuf vole un bœuf. »

 

Combien sont les jeunes, même excellents élèves, qui ne se sont essayés au vol à l’étalage, pour le fun, pour voir l’effet que ça fait ? Si quelques-uns deviennent de vrais cleptomanes ou des gangsters braqueurs de banques, la plupart s’arrêtent après un ou deux essais, sans plus jamais avoir une once de désir de dérober quoi que ce soit. Si vous rencontrez l’un d’eux vingt ans plus tard et le jugez de voleur, vous ferez fort probablement une grossière erreur. Peut-être que, durant cette vingtaine d’années, vous-même aurez subtilisé ça et là une gomme, un feutre, une montre… alors que la personne que vous prenez pour un voleur aura, lors de découvertes hasardeuses, rendu les objets trouvés à leur propriétaire.

 

Il y a aussi ceux qui volent par nécessité, par manque momentané de moyens financiers de se procurer le minimum vital. S’ils viennent à avoir de nouveau les moyens d’acheter, tout acte de vol cesse sans aucun effet psychologique pervers, chez la plus grande majorité d’entre eux.

 

Puis il y a ceux qui répugnent à commettre un tel acte mais qui y sont contraints suite à la manipulation et à la pression psychologique d’un tiers influent et menaçant (parfois un parent). Si et lorsque ces personnes parviennent à rompre, de leur propre chef, cette relation dangereuse pour leur épanouissement, du jour au lendemain, les vols cessent. Parfois, de telles personnes adoptent la répression sans concession de toutes sortes de vols (extrême inverse).

 

-     « Tel père tel fils. »

 

Si le père n’est pas une personne bien intentionnée et que le fils fait un travail sur lui-même pour, d’une part, ne pas lui ressembler, d’autre part, s’épanouir en toute harmonie dans ses rapports avec autrui, vous vous tromperez. Soit vous ne croirez pas que le fils puisse s’en sortir. Soit, si vous connaissez bien le fils, lorsqu’il racontera quel individu est son père, vous ne le croirez pas car, d’après votre croyance : « Il est impossible qu’un père si abject ait pu donner vie à un fils aussi bien. » Alors qu’il ne faut pas oublier que toute personne dispose assez tôt du choix de s’auto-éduquer et de trouver d’autres repères ailleurs que dans l’éducation parentale.

 

A contrario, un père valeureux, empathique, qui n’a absolument rien à se reprocher vis-à-vis de l’éducation de ses enfants, voit l’un d’eux mal tourner. Ce dernier se laissant entraîner par une bande de voyous sur qui le père n’a aucune prise. Si vous jugez que le fils est devenu ce qu’il est parce qu’il tient du père, vous vous tromperez royalement. Vous culpabiliserez un bon père qui est simplement démuni face aux influences extérieures subies par son fils.

 

-     « Les parents ont toujours raison. »

 

Cette maxime est plutôt dangereuse.

 

Pensez donc à la quantité d’êtres malveillants et mal intentionnés qui peuplent notre planète. Pensez à la quantité d’entre eux qui ont des enfants qu’ils éduquent à suivre leurs traces : dans leurs actes, dans leurs intentions, dans leurs comportements…

 

Vous prônez toujours cette maxime ?

-     Soit vous encouragez les jeunes à devenir des adultes copies de leurs parents de mauvaise composition. Vous encouragez le transfert des émotions, comme la contamination des névroses et psychoses, avec l’effet boule de neige qu’elle contient.

-     Soit vous culpabilisez le jeune qui a envie de sortir du cercle vicieux, de rompre la chaîne destructrice, car il a compris que ses parents avaient tort justement et qu’il faut qu’il s’épanouisse autrement en se rééduquant à travers d’autres repères.

 

Aussi, faire d’un cas une généralité est très réducteur. C’est également une forme de lien de cause à effet.

 

Exemple :

 

Une fille se fait attaquer par une bande de voyous. Ce qui les caractérise c’est qu’ils sont d’origine portugaise. Par la suite, cette fille détestera à jamais les Portugais. Elle aura tiré de sa mésaventure une généralité « tous les Portugais sont des voyous. »

 

Alors que le seul élément déterminant dans l’événement est que ces gars-là étaient des voyous. Point. Indépendamment de leur nationalité.

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre



[1]     Voir Diane Dechièvre, Astrologie entre science et croyance, chapitre X : à bas les idées reçues !, Éd. Publibook, 2005.

[2]     40% étant pris comme exemple. Ce pourrait être 50%. L’observation tout au long d’une vie, les confidences, les études de cas montrent que cette fourchette de pourcentages peut varier selon le fait observé.

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Samedi 14 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 149 à 157 du livre

 

Dans nos sociétés modernes, le plus souvent, un chef est imposé à un groupe qui ne le choisit pas. Mais après la période d’accueil réciproque qui se passe plus ou moins bien ou mal, les relations s’autorégulent en fonction de la qualité naturelle du chef : chef authentique, autoritaire sans être dominateur, avec un leadership situationnel[1] ou chef despote qui se permet tout vis-à-vis de ses membres sous prétexte que c’est lui le chef ! Cependant, s’il n’est pas le chef qui convient, dans nos sociétés modernes, il pourrait y avoir au sein du groupe le vrai chef en puissance, lequel ne pourrait pas accéder à la place qui lui reviendrait aussi facilement que dans les sociétés primitives et/ou naturellement constituées.

 

La croyance populaire associe généralement pouvoir et domination.

 

-     Dès lors, il serait inconcevable qu’un chef puisse traiter ses subalternes d’égal à égal.

-     Dès lors, il serait inconcevable que la notion de soumission et d’obéissance soit exclue d’un système hiérarchisé.

-     Dès lors, il serait « normal » que tout individu qui n’est pas chef soit forcément un exécutant soumis et sans autorité.

-     Dès lors, tout chef serait forcément dominateur, ayant tous les droits sur ses membres et aucune obligation.

-     Dès lors, il serait « normal » qu’on soit soumis à son chef et qu’on s’exécute à la moindre de ses exigences, sans broncher, même si les ordres donnés le sont en dépit du bon sens.

-     Dès lors, il irait de soi qu’un chef impose sa loi et que ses membres la suivent à la lettre quand bien même elle serait incohérente.

 

La bonne association est pourtant :

 

Domination = abus de pouvoir = abus d’autorité ou autoritarisme

 

Pouvoir

= autorité

=> permet l’empathie

Domination

= autoritarisme

=> ne permet pas l’empathie

 

Comment se fait-il que certains chefs soient naturellement autoritaires et empathiques alors que d’autres sont dominateurs, despotes, tyrans ?

 

Plusieurs réponses sont ici possibles. Voici celles qui, selon moi, sont les plus récurrentes.

 

Un chef empathique est capable d’auto-analyse, de remise en question et est conscient des freins à l’empathie qui sont autant de freins à l’évolution du groupe dont il est le chef. Cela, qu’il soit chef d’entreprise, chef de famille, professeur, etc. Il peut avoir cette capacité de manière naturelle et innée comme il peut l’avoir acquise par le biais de son éducation parentale, scolaire ou autodidacte : lectures, séminaires, psychanalyse, coaching, etc.

 

Un chef dominateur possède la croyance populaire qu’un chef commande toujours ses subordonnés.

-     Soit parce qu’il a intégré cette croyance populaire sans jamais chercher à découvrir d’autres repères.

-     Soit parce qu’il est réellement incapable d’introspection et d’intelligence émotionnelle.

-     Soit parce qu’il a une revanche à prendre vis-à-vis de son passé où une compétition est restée inachevée et non psychanalysée (vis-à-vis d’un père, d’un professeur, d’un chef,...). Il transfère alors cette compétition dans tous ses rapports en s’imposant à chaque fois comme un despote.

-     Soit parce qu’il manque de compétences liées à sa fonction, ce qu’il camoufle en abusant de son pouvoir par des techniques manipulatrices dont le leitmotiv consiste en menaces et chantage.

 

Chef empathique

Chef dominateur

Possède une intelligence et une autorité naturelle.

Possède peut-être une intelligence et une autorité naturelle, mais ce n’est pas la cause de son statut de chef.

Possède un esprit d’équipe.

Possède un esprit de compétition.

Projette cet esprit d’équipe sur son groupe.

Projette cet esprit de compétition sur son groupe : divise pour régner.

Est conscient de ses qualités et compétences.

Souffre le plus souvent d’un complexe d’infériorité et/ou d’incompétence qu’il a besoin de compenser en dominant son entourage ; ce qui lui procure alors un sentiment de supériorité.

Est capable de leadership situationnel.

Une seule attitude adoptée : despote, direct ou sournois.

Sa croyance est : « Nous travaillons, nous évoluons ensemble vers un objectif commun. »

Sa croyance est : « Il est inconcevable que mon groupe s’approprie mon projet : ils travaillent pour moi, pour l’objectif que je leur impose. » ou « Il est inconcevable que ma famille agisse à mon insu : chaque membre a une fonction qui sert à me valoriser. »

Son souhait : « Que mes collaborateurs viennent me voir pour me faire part de tout ce qu’ils souhaitent et jugent utile dans le cadre de notre objectif commun. »

Son souhait : « Que mes subalternes m’obéissent sans broncher, qu’ils soient soumis à ma volonté. »

Je considère autrui comme des êtres vivants à part entière qui ont des droits et des obligations tout autant que moi.

Je considère les autres comme inférieurs à moi, comme mes serviteurs, voire mes esclaves. Ils ont des obligations. ; moi, j’ai (tous) les droits.

 

[…]

 

Les menaces et le chantage

 

Les deux techniques manipulatrices réductionnistes utilisées par des chefs qui croient qu’il faut se faire craindre pour se faire respecter sont : les menaces et le chantage. Elles sont aussi utilisées par celles et ceux qui veulent asseoir un pouvoir informel en compensation à un manque de compétences ou à un complexe psychologique.

 

Nous sommes alors dans une relation de dominant - soumis, inégale, avec abus de pouvoir de l’un sur l’autre que l’on traite en esclave ou que l’on anéantit psychologiquement. C’est le harcèlement moral.

 

Les droits de l’homme[2] sont quotidiennement bafoués, au sein de tout type de système, quels que soient le niveau économique et social, les convictions religieuses, la couleur de peau, la finalité poursuivie par le groupe. Vous pouvez retrouver l’attitude esclavagiste n’importe où sur la planète, chez n’importe quelle catégorie de personnes, de n’importe quelle origine.

 

Inversement, du temps où l’esclavage était institutionnalisé, certains avaient la « chance » d’être traités plus humainement par leur propriétaire que ne le sont de nos jours certains employés par leur chef, certains enfants par leurs parents, certaines femmes par leur maris, certains élèves par leurs camarades, etc.

 

L’exemple actuel le plus récurrent à l’échelle planétaire est l’esclavage des enfants, quand il ne s’agit pas carrément de proxénétisme : en Asie, en Russie, en Afrique, aux USA, en Europe, partout. Des quartiers entiers, des milieux fermés, parfois des pays entiers y ont recours en toute impunité.

 

 

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Cet extrait est reproduit après corrections des erreurs éventuelles et amélioration de certaines tournures de phrases.

 

Bonne lecture !

Diane Dechièvre 



[1]     Leadership situationnel : leadership idéal du chef qui adapte son style d’autorité (directif, persuasif, participatif, délégant) selon la fonction exercée par un membre, selon la personnalité d’un membre, selon le temps qu’un membre met pour intégrer et maîtriser les tâches de sa fonction.

[2]     Voir Article 4 de la déclaration universelle des droits de l’homme : « nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude : l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. » Voir Article 5 de la déclaration universelle : « nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

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Lundi 16 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 164 à 166 du livre

 

L’esprit d’équipe n’est pas un esprit de clan.

 

Être en équipe suppose un objectif commun, pour le compte de personne en particulier, mais bien pour le compte du groupe dans son ensemble et des êtres vivants inclus dans la finalité commune.

 

Avoir l’esprit d’équipe suppose que chacun est libre de sympathiser avec qui que ce soit. Les maximes « les amis de mes amis sont mes amis » et « les ennemis de mes amis sont mes ennemis » ne s’appliquent pas. La confiance en l’esprit d’équipe est telle que l’on suppose que chacun est suffisamment adulte pour respecter chacun sans parti pris.

 

Exemples :

 

-     Nous, association L., travaillons ensemble pour favoriser l’éducation épanouissante des enfants orphelins.

-     Nous, famille M., avons l’objectif de nous installer près de la mer afin d’y ouvrir notre club de plongée (finalité : cours de plongée sous-marine).

-     Nous, organisation N., œuvrons pour la sauvegarde de la nature et des espèces en voie de disparition.

-     Nous, institution O., sommes au service des projets qui aident au développement des pays d’Afrique.

-     Nous, club P., développons sans cesse des microprojets pour favoriser l’insertion des jeunes futurs adultes actifs.

 

L’esprit d’équipe exclut l’esprit de compétition.

L’esprit de compétition exclut l’esprit d’équipe.

 

Donc toute personne qui provoque l’esprit de compétition (en divisant pour mieux régner, en médisant, en rendant jaloux, en mettant au défi, etc.) et qui exige parallèlement qu’autour d’elle l’on fasse preuve d’esprit d’équipe, ne fait rien d’autre que d’émettre une injonction paradoxale[1]. Les personnes qui se laissent manipuler et embarquer dans la spirale de la confusion comportementale et relationnelle qui en découle, sont des candidats à la schizophrénie[2].

 

Par ailleurs, il est évident que la valeur de la finalité de l’objectif à atteindre, déteindra sur l’esprit des membres du groupe : esprit de clan ou esprit d’équipe.

 

Si la finalité apporte quelque chose de positif, de constructif à la société, l’esprit d’équipe est possible. Bien que, dans pareil cas, la personnalité et les névroses du chef seront déterminantes. Nous avons déjà vu, par exemple, le gérant d’une antenne d’une association internationale œuvrant pour les droits de l’homme tyranniser son personnel.

 

Si la finalité n’apporte rien de constructif à la société, mais bien au contraire une forme de destruction, de l’indignité, de l’illégalité, l’esprit d’équipe est d’office impossible. La cohésion ne pourra être maintenue qu’en favorisant l’esprit de clan, en usant de chantage et de menaces qui provoquent la crainte, afin de canaliser les éventuels états d’âme que pourrait avoir l’un ou l’autre subordonné, ceci dans le but évident d’éviter toute fuite d’information.

 

La finalité n’étant que lucrative et les moyens pour y arriver vils, toute personne normalement constituée ne pourra rester naturellement complice dans pareilles conditions. Elle devra répondre à ces techniques d’influence trompeuses et terroristes, voire carrément y avoir elle-même recours.

 

L’esprit d’équipe est donc rare, car il doit répondre à trois conditions capitales.

 

-     Le chef doit être empathique et motivant : il ne doit pas encourager l’esprit de compétition, il ne doit pas diviser pour régner, il ne doit pas être un dominateur persécuteur.

-     Le groupe doit être constitué majoritairement de personnes saines et empathiques, ayant naturellement un esprit d’équipe, un désir de complicité saine et spontanée.

 

La valeur de la finalité doit contenir une évolution humaine positive, quelle qu’en soit l’échelle, quelle qu’en soit la dimension.

 

 

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Cet extrait est issu d’un ouvrage protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d'auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l'acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d'auteur.

 

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Bonne lecture !

Diane Dechièvre

 



[1]     Voir notamment Gregory Bateson, Vers une écologie de l’esprit, Éd. Seuil, 1977.

[2]     Voir notamment Gregory Bateson, D. Jackson, J. Haley, JH Weakland, Towards a theory of schizophrenia, Behavioral Science, 1956.

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Mercredi 18 juin 2008
- Par Diane Dechievre - Publié dans : Empathie : utopie ? - Extraits


p. 191 à 192 du livre

 

[…]

 

Un animal peut tout au plus être agressif et parfois tuer, principalement s’il se sent en danger ou s’il est affamé, ou se détourner de vous s’il est trahi ou maltraité. L’agressivité intrinsèque est le propre de tout être vivant, y compris de certaines plantes et des êtres humains. L’être humain a pourtant, en sus, d’autres motivations destructrices qui ne respectent ni le règne végétal ni le règne animal, ni même ses semblables.

 

Nous devrions revoir nos valeurs économiques. L’économie keynésienne[1] est-elle probante ? Son évolution démontre de multiples dysfonctionnements. Pourtant nous ne cessons de nous y fourvoyer : surendettement grandissant, accumulations d’escroqueries, élargissement du fossé entre riches et pauvres... Avec comme conséquence globale une amplification du climat social de mal-être et de violence.

 

À l’échelle planétaire, la dette du Tiers Monde et son effet boomerang[2] s’accroissent. Trouvez-vous normal qu’il y ait encore des pays qui souffrent de malnutrition alors que d’autres détruisent des excédents de production alimentaire pour ne pas casser les prix ? Trouvez-vous normal que de nombreux pays ne disposent pas d’un système élémentaire d’approvisionnement en eau courante dans un monde où nous sommes capables de voyager jusqu’à la Lune, dans un monde ayant atteint un niveau technologique tel que ce type de situation est inconcevable, surréaliste et pourtant bien réel ?

 

Nous baignons bel et bien dans une schizophrénie générale à l’échelle de l’humanité ; c’est l’entropie du système mondial.

 

Nous devrions orienter notre motivation vers une économie d’énergie non pas en termes financiers, mais bien en termes de sauvegarde de l’énergie de vie, notre vie, tout simplement.

 

Peut-être verrons-nous de jeunes ingénieurs économistes proposer un nouveau système économique, plus humain, plus écologique, plus en phase avec la vraie nature de l’homme. De cet homme qui se prétend supérieur et valoir plus que toute autre forme de vie. Il faudrait qu’il soit à la hauteur de telles prétentions. La science économique est une science humaine avant tout. C’est l’homme au service de l’économie et l’économie au service de l’homme. Il faudrait qu’elle le redevienne par une transformation totale, globale, à l’échelle planétaire. Notre espoir d’un monde meilleur se situe là. A bon ingénieur économiste entendeur, salut !

 

En bref, considérer que toute forme de vie, quelle qu’elle soit, a droit au respect – chacune ayant son rôle dans l’écosystème – favorise l’empathie et l’ouverture d’esprit, tant vis-à-vis de toutes les formes de vie que vis-à-vis de soi-même : remises en question, humilité, efforts de compréhension, etc.


 

 

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Diane Dechièvre



[1]     Voir John Maynard Keynes et Jean de Largentaye, La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Bibliothèque scientifique Payot, 1969.

[2]     Voir Susan George, Effet boomerang – Choc en retour de la dette du tiers monde, Éd. La Découverte, 1992.

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